Où il est question de e-réputation, de harcèlement, de liberté d’expression et de chiens qui aboient…

« Croire que tout est privé et tout garder pour soi finit par tuer une relation. » Proverbe africain

Je raconte de plus en plus aisément dans mon réseau professionnel et amical comment la demande explicite d’un Big Fucking Fat Boss de ne plus écrire aussi librement -maintenant que j’étais recrutée dans son agence parisienne sur une belle avenue très bien placée- sur mes expériences professionnelles semi-professionnelles et personnelles, afin de ne pas compromettre sa e-reputation, m’avait coupé la sifflette et réduite au silence bloguesque pendant presque quatre années.
Et même si l’on a la fierté modeste d’avoir été un lointain jour de 2005 récompensée par un Blog d’Or Emploi : quand la plume s’assèche, se tarit aussi l’encrier. (non, ça, ce n’est pas un proverbe africain.)

Trois années plus tard de traversée du désert. Emotionnelle, personnelle et professionnelle.
Désert, mais pas Néant. Dans le désert, on rencontre parfois des personnes bienveillantes. Presque des mirages. Tellement on finit pas croire qu’on est nulle, incompétente, illégitime et pas à sa place.
Si si, je vous assure, des personnes bienveillantes il y en a encore. Quelques unes. De ces révélateurs de ressources insoupçonnées. De ces catalyseurs d’énergie dormante. Qui vous font une petite place, vous prêtent l’oreille attentive et active, vous qui n’osiez plus prendre la parole ils vous la rendent plus affirmée et confiante, vous facilite la re-sociabilisation. Comme on accompagne les prisonniers en fin de peine à se réintégrer progressivement dans la vie sociale et active. Sans forcing, sans pression, tout en patience et en douceur.

Ils se reconnaitront, ces révélateurs, ces catalyseurs, ces bédouins du désert.

Donc, je raconte de plus en plus aisément comment un pervers narcissique (le 2B2F cité au dessus) peut dans son contexte professionnel pratiquer le harcèlement moral sur toute une équipe, se complaire à vous humilier publiquement et à dévaloriser votre travail, s’amuser à museler la petite musique de vos mots à vous, se nourrir d’étouffer la petite flamme qui vous anime anima, se réjouir de réduire à peau de chagrin votre confiance et au silence votre voix (même intérieure et même l’expression de vos doigts), se grandir de vous acculer dans une impasse de dévalorisation où toutes les voies d’épanouissement deviennent impraticables, barrées, inaccessibles.

Si je le raconte de plus en plus aisément, c’est parce qu’un jour la lisière du désert semble enfin à portée de foulée, de reconstruction,  de clavier,. Et que même s’il n’y a pas foule au portillon pour vous tendre la main quand vous trouvez le courage de demander de l’aide pour le pousser un peu avec vous ce fichu portillon (des fois qu’un dépôt de bilan, le chômage, la dépression, le burn-out… seraient contagieux, sait-on jamais mon brave monsieur) on n’est quand même jamais tout à fait seul(e) même quand on se sent isolé et hors jeu, sans étiquette sociale, sans titre de poste identifié, sans carte de visite, sans carte navigo, sans carte de cantine et si l’on n’y prend pas garde… sans carte de crédit !

Là encore, les mêmes sus-nommés se reconnaîtront.

Aussi que je m’autorise enfin à en parler sans doute parce que je ne suis manifestement plus la seule à avoir subi ce genre d’expérience traumatisante. Plus la seule à dénoncer ces pratiques perverses et nocives somme toute assez répandues dans l’univers du travail mais consensuellement tues par les victimes et ignorées pudiquement par l’entourage professionnel. Quoi qu’en dise les statistiques et par sûrement par peur des représailles, chacun tenant à son job comme à la prunelle des ces yeux et de son loyer à payer, les délations en milieu pro restent trop rares ! 

Sans doute, aussi, que concernant le branding personal mix, savant dosage de perso et de pro, les mentalités dans le cadre professionnel changent et que le temps de la mutation arrive de plus en plus pour les structures, qu’elles soient Agence, Marque, Groupe, Collectivité, Institution… ou modeste TPE d’assouplir les process de lâcher la bride et de libérer le verbe et les droits d’accès aux réseaux sociaux et au micro blogging pour tout salarié ambassadeur potentiel de sa société (et non, pas que le CM*) et lui donner la possibilité de converser publiquement, légitimement en interne comme à l’externe, avec son expertise métier, sa culture d’entreprise, son attachement à sa marque pour le plus grand bénéfice des clients (n’ayez crainte, cette engeance là – les clients- j’y reviendrai tout mon soûl), des partenaires, des fournisseurs, des prestataires, des salariés…

Oh. Oh. Oh…Tu t’emballes là, @MissADN. Retiens les rênes de ta monture fougueuse.
Dans mes rêves, ouais, ce dernier paragraphe ! Ou dans ma profession de foi. Ou ma ligne éditoriale.

Disons plutôt que Senior de la SlashGen quinquagénaire moins 2 ans, j’assume enfin, voire je revendique le droit de m’exprimer librement sans censure sur mes savoirs-faire acquis sur le tas à la sueur de mon travail depuis l’âge lointain et fringant de mes 19 printemps et sur les bancs des cours du soir à 27 ans et des part-times à 40 ans, sur mes expériences multiples, sur mes rencontres variées, sur ce qui me nourrit ou me frustre, m’épanouit ou me chagrine, me fait grandir ou me rend hystérique, me donne envie de partager ou de fustiger, m’enthousiasme ou m’indigne.

Bref … Sur mon quotidien de Femme Libérée mais quand même souvent paumée dans son incapacité à comprendre le sexe opposé/ de Maman qui repasse tous les jours son examen et a l’impression de ne jamais faire assez bien/ de Mme Michut Ménagère de moins de 50 ans (bin si !) et qui déteste repasser/ de Professionnelle tellement déjà trop Senior mais qui bute sur ce satané plafond de verre/ de Passionnée un peu beaucoup à la folie passionnément/ de Créatrice d’entreprise liquidée/ de Chômeuse longue durée carrément plus indemnisée/ d’Epicurienne sensuelle rabelaisienne et pantagruelique/ de Féministe très féminine et sexy/ d’Ex Dépressive qui jure bien qu’on ne l’y reprendra plus/ de Littéraire très contrariée par les chiffres les businessplan les statistiques et surtout surtout le ROI/ d’Immigrée de 2ème génération Naturalisée/ d’Espagnole et de Française sans accent mais avec des papiers en règle/ de Fille d’Ouvrier Bac+5 et de Socialiste qui ne sait plus dans quel sens porter sa veste/ d’Ecrivaine toujours en herbe mais toujours pas publiée (cf plume sèche et encrier tari)/ de Marketeuse toujours dans le doute inextinguible et le degré d’exigence élevé de très bien faire pour fidéliser ses clients/ d’Empathique incorrigible de tous les maux de la terre/ de Consultante pas assez consultée à son goût/ de Déconneuse pas assez déconnante à son goût/ de Communicante (cf la longueur de cette p***n de phrase bourrée de Slash… Tiens je serais pas de la SlashGen moi ?)/ de Curieuse à l’appétit insatiable/ de Gonzesse Chiante Pugnace Perséverante un brin teigne et bourrique et qui s’en félicite/  de Facilitatrice très Adaptable/ d’éternelle Jeune Vieille Diplômée/ d’Accompagnatrice et d’actrice de tous les changements d’une mutation de la relation client à la Mme Michu vers une relation conversationnelle digitale immédiate mobile et de proximité (que je hastague sur Twitter en #UrbanEpistola)/  d’Empêcheuse incorrigible et ingérable de tourner en rond … ou de rester dans le cadre…  !

Bref, j’utilise ma capacité à me servir d’un clavier avec … mes dix doigts****, mes neurones, mon jus de crâne, ma verve, mes tripes y « cojones », ma sensibilité et mon ADN qui font toute mon Authentique Différence Naturelle.

Et parce que ce que l’on tait ne tue pas seulement la relation du proverbe africain (voir citation ci dessus lue et piquée à @cath_woman chez Nunalik) mais également nous tue tout court
Que désormais, foi de @MissADN aka Antonia Savey née Ferreiro, aboieront les chiens pervers narcissiques et malveillants pendant que passera ma caravane de mots et de maux.

CM* :
Community Manager pour les néophytes

Mes dix doigts *****
Merci d’ailleurs à mon Papa adoré de m’avoir à 15 ans emmenée pendant des mois -plutôt qu’aux fastidieux tournois de volley-ball- aux cours du soir hebdomadaires de dactylo dans l’arrière salle de la brasserie L’Horloge. Tu as su bien avant moi qui m’enkylosais les 10 doigts sur ma méthode aux touches colorées et pendant que tu descendais des pressions au comptoir que ça me servirait bien un jour, si d’aventures mon Bac A5 de Lettres et Langues ne me menaient qu’inexorablement à l’ANPE !

Toutes les preuves de cette storytelling sont d’ailleurs fournies et détaillées sur mes CV on line 🙂
Non n’insistez pas, je ne mettrais pas les liens, je ne vais quand même pas vous mâcher tout le travail.
Et pi quoi encore…
Aide-toi et Google t’aidera !

À propos de Antonia Savey

Fait des trucs numériques avec ses doigts qui animent son foutoir digital

Publié le 09/04/2013, dans Je suis #SlashGen et j'aime ça !, Moi ? J'ose !. Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Bravo pour ce billet. Mille raisons font que le blogueur finit par s’arrêter… un peu comme on tombe de cheval. Bien-sûr, toi on t’a fait tombé de cheval et cela t’a fait beaucoup de mal. On t’a privé de ton écriture qui fait tellement de bien !! L’écriture policée est utile pour servir ses clients, ses partenaires, ses employeurs mais pour autant elle n’est pas toujours la solution adaptée à la situation. Tant qu’on reste dans les limites de ce que permet la loi, user avec intelligence de sa liberté d’expression est aussi parfois une façon honnête et respectable de laisser parler sa colère légitime.
    Je résume ça en « Brûlez des mots pas des voitures !! ». J’ai un blog depuis longtemps… Cent fois je suis remonté sur mon cheval, parfois juste avec quelques mots pour faire quelques pas… parce que j’ai toujours su que je ne devais ni casser moi-même ma plume, ni laisser personne me la tordre, surtout pas !!

  2. Savey Alexia

    Bon et bin voilà! On dirait bien que la machine est repartie. Ecris, ce qu’il te plaira d’écrire, fais ce qu’il te plaira de faire. Fais le pour toi. Sans penser à ce que des bouffons pourront en penser. Tu es désormais entourée de personnes bienveillantes. Elles ne veulent que ton bien et ton bonheur. Il y a très peu de temps tu m’as dit, que l’important quand on te demande ce que tu fais dans la vies c’est de pouvoir répondre : « Je suis heureuse ».
    Bats toi pour cela. Tu as ta chance, comme tout le monde. Saisis-la. Sans te demander les conséquences que cela aura. Moi j’y crois, pour toi. Je sais que tu y arriveras.
    Quant à la qualité de ce que tu écris là… Et bien, je redécouvre une Antonia. On dirait bien que la personne qui a dit « Les mots libèrent les maux » à tapé en plein dedans. Allez, fonce. Ne lâche rien Antonia. Tu sais bien qu’à force de patience et de courage, tes efforts payeront. Tu avais aujourd’hui, hier, cette nuit besoin d’extérioriser cette chose (ce connard) qui t’as empêché d’écrire, celui qui t’as coupé les ailes. Brûlées, impossible pour toi de les déployer. Quatre ans c’est long, très long, je sais. Mais persévère. Tu as connu une véritable galère, tout laissé partir en l’air, mais tu as les moyens de le faire.
    Je t’aime. Je suis fière de toi.
    Max

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